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Cécile Kyenge Kashetu: « Les pouvoirs en place en Afrique doivent écouter la voix du peuple et respecter la Constitution »

cecile-kyenge-kashetu_640_350_1Cécile Kyenge Kashetu d'origine congolaise, l'Italienne est députée européenne, membre du groupe de l'alliance progressiste des socialistes et démocrates au parlement européen. Elle, qui fut la première femme noire à être nommée ministre dans l'histoire de l'Italie, et qui est également vice-présidente de la délégation de l'UE à l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, s'est entretenue avec nos confrères de Brazza.

Au mois de mars dernier, votre groupe parlementaire a introduit une résolution sur la République démocratique du Congo, en demandant notamment des sanctions ciblées contre les dirigeants qui ne respectent pas la Constitution. Quelle suite a été réservée à cette requête ?

Le Parlement prend une résolution avec des points bien précis. Après, ce sont hommes les politiques qui influencent les décisions au niveau des institutions européennes qui entrent en scène. L'année dernière, nous avons pris une résolution sur le Burundi et nous avons obtenu des sanctions économiques contre ce pays. C'était après une forte pression du Parlement européen. Nous sommes décidés à exercer la même pression sur la RDC et les institutions européennes pour que le président Kabila respecte la Constitution et quitte le pouvoir à la fin de son mandat fin novembre.

L'exemple du Burundi démontre donc qu'une pression exercée par le Parlement européen peut influencer les décisions.

N'est-ce pas une ingérence dans les affaires internes de la RDC ?

L'Europe et la communauté internationale ne font pas d'ingérence en RDC. Nous ne faisons que rappeler ce que le peuple est en train de demander. Les manifestations organisées en RDC, notamment en janvier 2015, n'ont pas été initiées par l'Europe. Nous veillons à la protection des Droits de l'homme et le Congo a ratifié la Charte relative à ces Droits.

Vous avez dirigé la mission d'observation électorale de l'UE au Burkina Faso, avec pour mandat d'observer et d'analyser le processus électoral. Comment analysez-vous les différents processus électoraux en cours en Afrique ou encore les élections qui s'y sont déroulées ?

L'Afrique est en pleine effervescence démocratique. Actuellement, les jeunes demandent le changement, le renforcement de la démocratie ainsi que le respect du principe de l'alternance. Les pouvoirs en place doivent écouter la voix du peuple et respecter la Constitution. Beaucoup de pays ont pris conscience qu'ils devaient instaurer une réelle démocratie car les populations prennent de plus en plus conscience de leurs droits.

Dans une récente tribune vous avez déclaré que l'avenir des relations UE-Afrique se joue aussi dans les commissions parlementaires, les missions d'observation électorales ou dans les résolutions adoptées par le Parlement européen. De quelle manière ?

Nous sommes dans une période où nous devons débattre de l'avenir des accords de Cotonou, signés entre l'UE et les ACP. Nous devons revoir notre partenariat pour avoir des accords responsables et transparents dans tous les domaines. Nous devons avoir les mêmes opportunités afin de parler le même langage. A plusieurs reprises, nos partenaires reprochent à l'Europe d'imposer sa volonté, alors que ce n'est pas le cas. Nous devons tous avoir les mêmes outils pour signer des accords équitables et transparents. Ce qui nous permettra d'avoir des partenariats plus forts.

Qu'est-ce qui pourrait concrètement changer dans ces accords post-Cotonou et dans quel domaine par exemple ?

Sur le plan politique, l'Europe est forte au sein de l'assemblée parlementaire paritaire ACP-UE. Elle a beaucoup de moyens, avec un siège à Bruxelles et un autre à Strasbourg. Les ACP ne disposent pas d'une organisation aussi forte. Par ailleurs, l'Europe fonctionne sur base des groupes politiques. Dans tous les commissions cohabitent une diversité de pensées et d'opinions politiques. Mais cela n'est pas le cas au niveau des ACP, puisque les députés qui siègent au niveau de l'assemblée paritaire sont nommés par leurs gouvernements. Il n'y a pas de société civile et pas d'opposition. Or, on a également besoin de se confronter avec des personnes qui ne sont pas au gouvernement. Il faudrait que l'on soit au même niveau afin de renforcer certains accords notamment les APE (Accords de partenariat économiques).

En décembre dernier, les députés ont demandé à la Commission de prendre des mesures pour aider à protéger le parc de Virunga en RDC où pourrait se dérouler une exploitation pétrolière ? Quelles sont les mesures qui ont été prises à cet effet ?

Il n'y a pas encore de décision concrète au niveau de la commission mais nous faisons le suivi du dossier. Nous ne pouvons pas assister impuissants à la destruction d'un parc qui est un patrimoine mondial de l'humanité. Il ne faut pas sacrifier le parc sur l'autel des intérêts particuliers des multinationales. Les ressources de la RDC doivent être mises à la disposition de la population et au service d'un programme social pour aider les populations qui sont sur place. L'exploitation des matières premières doit d'abord profiter à la population locale.

Patrick Ndungidi
Adiac-Congo / MCN

 

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