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Fibre optique : après l’échec de Mabunda, un nouveau hold-up signe Luhaka

Hôtel de poste à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John BompengoLe contrôle de la fibre optique est un enjeu économique majeur pour la RDC touchée par la crise provoquée par l’effondrement des prix des matières premières. A sa phase d’exploitation, la fibre optique peut rapporter mensuellement au moins 20 millions USD ! En plus, l’investissement a été totalement pris en charge par le Trésor public congolais qui doit tirer le bénéfice au prorata du sacrifice consenti. Il est curieux voire suspect que des préposés de l’Etat s’évertuent à priver l’Etat à travers son opérateur public, du contrôle, de la gestion sécuritaire et managériale de cet important outil de la modernité.

Sur les traces du projet de l’ex ministre du Portefeuille Jeannine Mabunda, l’actuel ministre compte-t-il, lui aussi maintenir la SCPT dans l’abime?

L’Etat congolais s’est endetté à près de 400 millions de dollars américains pour doter le pays d’une fibre optique haut débit fiable et à la portée de tous. L’objectif poursuivi, en contractant cette créance auprès d’Exim Bank China, était de mettre en place l’infrastructure appropriée afin de permettre aux opérateurs du secteur d’offrir aux utilisateurs congolais du haut débit à un prix raisonnable par rapport à celui en application au pays actuellement.

Pour des travaux des infrastructures de grande envergure, l’Etat congolais a été seul, au four et au moulin. Il a contracté un prêt de l’ordre de près de 400 millions USD auprès de China Exim-Bank en faveur de l’opérateur public, Société congolaise des postes et de télécommunications (SCPT), pour le déploiement de différentes infrastructures de base de télécommunications. L’opération qui se poursuit par le déploiement du Backbone national conduira à des investissements qui cumuleront à plus d’1,5 milliard USD. Aucun opérateur de la téléphonie mobile en RDC n’a consenti un tel investissement.

Dans le fond, le remboursement de ce prêt et le retour à l’investissement dépendent absolument du maintien des droits exclusifs, élément déterminant de la confiance placée en la République par les bailleurs des fonds. China Exim-Bank n’a pas fait confiance aux opérateurs, mais à un Etat, l’Etat congolais. Normal que cet Etat qui a mis autant de moyens financiers se décide de relever sa propre société publique qui a passé une longue période de vaches maigres. Le scenario paraît invraisemblable.

Pourtant, c’est le projet que pilote depuis un temps le VPM aux PTNTIC, le MLC/Libéral Thomas Luhaka. Avant lui, l’ex-ministre du Portefeuille a tenté la même chose, avant de se heurter à une farouche opposition venue de toute part. Aujourd’hui, Thomas Luhaka a décidé de ressusciter un vieux projet qui n’a pas su convaincre en son temps. Pour quelle raison ? On n’en sait rien.

En effet, sous le fallacieux prétexte que l’Etat à travers la SCPT ne disposerait pas d’un instrument pouvant lui permettre de gérer la fibre optique, l’ex ministre avait initiée la création d’une société constituée autour des opérateurs du secteur présents en RDC. De la même manière, toujours sous une autre fausse affirmation, la SCPT était complètement écartée de la nouvelle société. Des réunions convoquées, l’ex ministre Mabunda prenait le soin de ne point inviter la SCPT.

LUHAKA SUR LES TRACES DE MABUNDA

A l’époque, la colère des travailleurs qui ont consenti des sacrifices énormes n’avait pas tardé de tomber sur la tutelle. Dans l’opinion, un écho favorable à cette revendication était perçu. En fait, le Congolais moyen ne comprend pas (hier et aujourd’hui) que l’Etat mette la main à la poche, construise une infrastructure avec comme objectif final, se faire locataire lors de l’exploitation de son investissement. Même le partenaire chinois qui a accordé le prêt, se poserait des questions sur le sens des responsabilités de la partie congolaise.

Ce ne sont pas des compétences qui feraient défaut au pays. Une meilleure affectation des ressources humaines existantes, disponibles et un modèle de management du type privé est la solution. Plutôt que de brader les intérêts de l’Etat jusqu’à laisser à la portée de tout le monde la gestion souveraine de l’aspect sécuritaire de l’Etat.

Sur les traces de Mabunda, le vice-Premier ministre Thomas Luhaka s’est lancé tête baissée au point de s’attirer les foudres, des travailleurs de la SCPT. Dans son projet, le ministre des PTNTIC voudrait que « Tout droit exclusif ou monopole relatif à la fourniture de réseaux ou de service des Télécommunication et des Technologie de l’information et de la communication est prohibé y compris sur l’exploitation des passerelles internationales ». C’est vrai, mais dans le contexte actuel de la relance de la SCPT, cette disposition ne devrait-elle pas être nuancée comme l’a proposé la SCPT?

La position sage serait celle d’énoncer que : « A l’exception de l’Etat qui se réserve par son Exploitant public, le droit de détenir, gérer et exploiter les infrastructures de base, l’établissement de tout autre réseau et la fourniture de service ne peuvent être soumis au monopole ». L’argument selon lequel le monopole exercé par la SCPT n’avait pas permis le développement de la téléphonie mobile ne tient pas la route.

« L’inégalité de traitement des opérateurs résultant du maintien de certains droits au profit de l’opérateur historique » préoccupe curieusement le ministre des PTNTIC, alors que la situation est loin de ne toucher aux intérêts financiers pour ce qui est de la fibre optique. Même la lutte contre la fraude sur les appels entrants qui préoccupent le gouvernement ne peut réussir que si les incriminés ne sont pas juge et partie en même temps.

Il faut plutôt assurée «la séparation nette de fonctions de réglementation, de régulation et de celle de l’exploitation ; la consécration des droits exclusifs et spéciaux détenus par l’Etat; l’affirmation du principe de la concurrence loyale ».

De la même manière gue l’ancien projet avait échoué sous la pression populaire, la voie choisie par Luhaka ne contribuera pas à sortir l’Etat de sa misère, mais plutôt avec l’investissement de l’Etat, des privés vont se servir et servir en même temps leurs propres intérêts. Inacceptable!

LE POTENTIEL

 

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